Inspiration: FEMMES D'EXCEPTION

Anne-Flore Chapellier

Rencontre avec l’entrepreneuse qui prouve
qu’on peut se lancer, même à contre-emploi,
si on a pour soi l’envie.

Anne-Flore Chapellier, ce sont des yeux bleus qui vont tout au fond du coeur, une créativité sans pareil et un passé de géographe que l’on imagine peu aux vues de ses succès dans le monde du digital avec My Little Paris. Rencontre avec l’entrepreneuse qui prouve qu’on peut se lancer, même à contre-emploi, si on a pour soi l’envie.

Vous avez tout plaqué pour embrasser l’aventure My Little. Quel a été le déclic qui a envoyé balader les peurs et les doutes et vous a décidé à vous lancer à fond dans cette aventure ?
Ce qui compte c’est de se mettre en situation où il n’y a plus ni peur, ni doute. C’est ce qui s’est passé pour moi. Je n’ai pas eu l’impression de tout plaquer. C’était une évidence. Pour arriver à cette facilité de prise de décision, il faut commencer un projet petit à petit, mettre un pied dedans « pour voir », le laisser prendre de plus en plus de place dans sa vie… jusqu’au stade où on ne revient plus en arrière.

Je travaillais à la Ville de Paris quand on nous avons commencé My Little Paris, c’était un side project » au début. Puis le moment est arrivé où j’ai su que je regretterais de ne pas m’investir totalement. Mes parents étaient un peu affolés à l’idée que j’abandonne ma carrière de fonctionnaire très sécurisée (avec perspectives, retraite et congés en pagaille). Moi je n’étais pas du tout sûre de l’avenir, mais sereine car je n’avais plus le choix, je devais le faire.

Diplômée de Science Po, normalienne, agrégée en géographie… Vous êtes surdiplômée  mais rien à voir avec le digital. Comment fait-on pour se réinventer dans un métier qu’on ne connaît pas ? C’est une force selon vous, de débarquer dans ce milieu avec tout à apprendre ?
Oui, c’est toujours une force de n’avoir aucune expertise et de poser un regard neuf sur un domaine. On fait les choses comme personne n’a pensé à les faire. Je vois ça dans tellement de domaines autour de moi, pas seulement le digital : la mode, la food, etc. Et puis il faut beaucoup de naïveté pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale : si on connaissait vraiment ce qui nous attend, on n’irait vraiment pas !

Le geste que vous faites toujours au réveil ?
J’aimerais répondre : des étirements pour me réveiller en pleine conscience avant d'éplucher des pêches pour mon petit déjeuner ultra sain… mais le fait est que le matin je n’ai jamais réussi à établir un rituel plaisant susceptible de ne pas sauter dès que je suis en retard. Donc le matin j’empêche mon réveil de re-sonner et je me lève. Et je trouve ça déjà pas mal.

Ma trentaine s’est avérée beaucoup plus fun et gratifiante que ma vingtaine.

Par quoi êtes-vous fascinée en ce moment ?
Attention, c’est très sérieux : le sexe. Je suis en train de lire “Les joies d’en bas”, écrit par deux jeunes gynécologues norvégiennes, qui dit tout sur l’appareil sexuel féminin, comment il fonctionne, comment il a été considéré par la médecine et les sciences, comment on se trompe à son sujet. C’est passionnant. Et un peu terrifiant aussi : on devrait toutes mieux connaître notre corps, et on en est très loin.

La créativité, c’est un don ou ça s’exerce ?
Ça s’exerce. Définitivement. C’est d’ailleurs ce qu’on travaille quotidiennement chez My Little Paris. On a beaucoup de rituels et de rendez-vous qui stimulent en permanence la créativité des équipes. Par exemple, les "creative mornings" : une fois par mois, on invite des personnalités d’horizons très différents à petit-déjeuner avec toute les équipes. Ils nous racontent alors leur parcours et leurs inspirations. On a reçu par exemple François Morel, Claudie Haigneré, Sylvain Tesson, Sophie Fontanel, etc. C’est fascinant de découvrir d’autres métiers que les nôtres, où tous sont confrontés à cette même page blanche à remplir.

L’endroit pour déconnecter ?
L’île de Noirmoutier : j’y vais dès que possible, même en hiver. J’adore cette respiration au bord de la mer, d’autant que là où je suis, il y a à peine suffisamment de réseau pour passer un appel. C’est la clé. Et ça permet inversement de ne pas débrancher le reste du temps.

Si vous deviez revenir en arrière, qu’est-ce que vous diriez à la femme que vous étiez à 20 ans ?
“Tout vient à point.” Et aussi "Continue comme ça." J’ai beaucoup travaillé quand j’étais jeune, et je ne le regrette absolument pas. Je posais les bases de ma trentaine, qui s’est avérée beaucoup plus fun et gratifiante que la vingtaine.


Le geste beauté que vous ne négligez jamais-jamais-jamais ?
Le mascara sur mes cils blonds. Et aussi les trois pschitts de parfum. Mon mari m’a offert un parfum incroyable il y a quelques années pour mon anniversaire, qui tient vraiment toute la journée. Je le trouvais un peu trop imposant au début, mais il a suscité bien plus de compliments que n’importe quelle tenue.

Je réalise que ce sont deux gestes qui ajoutent du caractère à mes traits, à ma présence. C’est peut-être ça l’essence de la beauté ?

Quelles sont vos 2 principales sources d’inspirations ? Les gens dans la rue, les musées, les livres, Instagram, etc.
Les gens avec qui je travaille, tellement talentueux. Et sinon des lectures, très papier j’avoue, que ce soit la presse ou les livres. Je collectionne notamment les catalogues d’expo, pour continuer d’être portée par ce que j’y ai vu et appris.

Qu’est-ce qu’on ne trouvera JAMAIS dans votre appartement/sac à main/valise (au choix) ?
Un gris-gris, un doudou ou une peluche souvenir, ce genre de choses. Je n’aime pas ériger un objet en symbole de quoi que ce soit. J’ai même eu du mal à porter ma bague de fiançailles, c’est vous dire. La chance, l’amour, etc. n’ont rien à voir avec un cadenas sur un pont, une bague au doigt ou un trèfle dans le portefeuille. Et c’est tant mieux.

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